Ce que le PLBS garantit réellement
La définition officielle
Le GIE Cartes Bancaires définit le PLBS comme une solution de paiement par carte bancaire CB destinée aux professionnels de la location de biens et services, avec des exemples explicites : location de voiture, location de vélo, réservation d’hôtel, location de matériel. Son objectif, selon la page officielle CB : « s’assurer de la validité de la carte bancaire sans la débiter ».
Trois avantages y sont mis en avant : un parcours de paiement adapté à la location, aucun débit du compte client avant la fin de la prestation, et une garantie de paiement sur le montant estimé de la prestation.
Une garantie sur la prestation, pas une somme détenue
C’est le point que la plupart des articles sur le sujet laissent de côté, et il change la façon de travailler.
Le PLBS garantit le paiement de votre prestation, à hauteur du montant estimé que le client a accepté au moment où il valide sur le terminal. Il n’immobilise pas une somme entre vos mains. L’argent ne quitte jamais le compte du client tant que vous n’avez pas clôturé le dossier. Un établissement qui pense détenir une caution de 300 € détient en réalité une autorisation, qu’il pourra capturer à hauteur de ce que le client doit vraiment.
Tout ce que le client consomme pendant son séjour entre dans cette prestation : les nuitées, les petits déjeuners, le minibar, le spa, le room service. Le PLBS est fait pour cela, et il le fait bien.
La distinction que l’administration pose noir sur blanc
La fiche pratique de la DGCCRF sur la location de véhicule, mise à jour le 13 mai 2026, sépare clairement les deux instruments que le langage courant confond.
Le dépôt de garantie y est « destiné à couvrir les dommages qui peuvent survenir en cours de location et les éventuels compléments de facturation ». L’avance sur location, réalisée par une autorisation sur la carte bancaire, « garantit le règlement de la location » et « n’a pas pour effet de prélever le montant indiqué ».
Deux objets différents, donc. Le dépôt de garantie couvre les dommages. La pré-autorisation garantit le règlement de la prestation. Cette fiche concerne la location de véhicules, mais la description du mécanisme vaut pour toutes les activités de location, hôtellerie comprise.
Ce que les contrats d’acceptation interdisent
Les conditions générales des contrats d’acceptation PLBS sont explicites sur trois points, et leur formulation se retrouve à l’identique d’un établissement bancaire à l’autre, aussi bien pour le paiement en présence du client que pour le paiement à distance.
Le dispositif ne peut servir que pour une prestation de location de biens ou de services, à l’exclusion de toute autre prestation. Seuls les frais de la prestation estimés peuvent être facturés, au tarif en vigueur au moment de l’ouverture du dossier. Et la carte bancaire ne peut pas être utilisée pour s’octroyer une caution ou un dépôt de garantie.
Ce dernier point mérite d’être lu deux fois. La garantie de paiement associée au dispositif n’est accordée que sous réserve du respect de l’ensemble des mesures de sécurité prévues au contrat. Le non-respect d’une seule d’entre elles fait basculer l’opération en règlement sous réserve de bonne fin, c’est-à-dire à vos risques en cas de contestation du client.
Autrement dit, détourner le PLBS en dépôt de garantie ne vous protège pas davantage. Cela vous protège moins.
Le déroulé d’une opération, de l’arrivée au départ
À l’arrivée, ouvrir le dossier
Vous estimez le montant de la prestation : séjour, taxe de séjour, petits déjeuners réservés, et les extras que le client annonce. Ce montant maximal doit être clairement précisé au client, qui donne son accord en composant son code confidentiel.
Deux éléments distinguent alors le PLBS d’une pré-autorisation ordinaire. Le terminal attribue un numéro de dossier, indépendant du numéro de carte, qui servira de clé de recherche au moment de la clôture. Et le justificatif remis au client porte la mention « ticket provisoire », pour qu’aucune ambiguïté ne subsiste sur la nature de l’opération.
Rien n’est débité. Le mécanisme est celui de l’empreinte bancaire, appliqué au cadre de la location : la capacité de paiement du client est simplement réduite du montant réservé pendant la durée de l’autorisation.
Au départ, clôturer au montant réel
À la fin du séjour, vous reprenez le dossier par son numéro et vous clôturez au montant effectivement dû. Le client n’a pas à représenter sa carte bancaire : c’est précisément ce que le numéro de dossier permet.
La règle structurante est ici. Le montant final ne peut pas excéder le montant autorisé à l’ouverture. Si la note est inférieure, la différence est libérée. Si elle est supérieure, le surplus sort du dossier et doit être traité séparément.
Combien de temps la somme reste réservée
La question revient à chaque séjour, et une réponse ministérielle du 31 mars 2026 y répond précisément. Le montant « est en principe bloqué sur un compte pendant maximum trente jours et compté dans le plafond de paiement, sachant que ce délai peut être inférieur suivant les règles prévues par les schémas de cartes de paiement ».
Trente jours de plafond, donc, et souvent moins selon le réseau de la carte. Aucun texte de loi ne fixe cette durée : elle relève des règles de chaque réseau, qui sont contractuelles.
En pratique, un dossier se clôture au départ du client. C’est ce qui libère la différence entre le montant réservé et le montant facturé, et une clôture tardive sur une autorisation déjà expirée revient à présenter un paiement sans garantie.
Ce que vous devez annoncer au client
Une pré-autorisation non annoncée est une mauvaise surprise sur un compte bancaire, et c’est aussi un manquement à votre obligation d’information.
La même réponse ministérielle rappelle qu’« il est important que le prestataire de services, conformément à l’article L. 112-1 du code de la consommation, tienne informé le client, par tout moyen, sur place ou sur son site internet, sur les prix et les conditions particulières de la location, et en particulier le montant total de la pré-autorisation ». Elle ajoute que l’article R. 111-1 du même code impose de communiquer les modalités de paiement de la prestation, « ce qui inclut la pré-autorisation ».
Concrètement, trois informations doivent figurer dans vos conditions de réservation, sur votre site et à la réception : le principe de la pré-autorisation, le montant total qui sera réservé, et le moment où la différence est libérée. C’est peu de travail, cela évite l’essentiel des litiges, et c’est une obligation.
Comment traiter les extras et les dégâts
Puisque le PLBS s’arrête au montant estimé de la prestation, trois situations demandent un traitement distinct. Aucune n’est un problème, à condition d’utiliser le bon outil.
Les extras consommés pendant le séjour
Ils font partie de la prestation. Minibar, restaurant, blanchisserie, parking : tout cela entre dans le montant final au moment de la clôture, tant que l’on reste sous le plafond accepté à l’arrivée.
D’où l’intérêt d’une estimation réaliste plutôt que minimale. Un dossier ouvert au montant sec des nuitées vous obligera à repasser par une transaction séparée pour le moindre café. Un dossier ouvert avec une marge raisonnable pour les extras habituels de votre établissement absorbe la consommation normale du séjour.
Un dépassement du montant estimé
Le surplus fait l’objet d’une transaction distincte. Si le client est devant vous au départ, c’est un paiement sur terminal de paiement classique, avec son code confidentiel, garanti comme n’importe quel encaissement de proximité.
S’il est déjà parti, un lien de paiement envoyé par courriel ou par message règle la question. Le client s’authentifie de son côté, vous encaissez dans un cadre sécurisé, et vous conservez la trace de son accord.
Un dommage matériel
C’est la situation pour laquelle le PLBS n’est pas prévu, et il vaut mieux le savoir avant d’en avoir besoin que le découvrir au moment du litige.
Un dommage n’est pas une prestation consommée. Il se traite comme une créance, avec les outils de la créance. Le modèle que la DGCCRF décrit pour la location de véhicules est transposable dans son principe : un dépôt de garantie est un montant annoncé à l’avance, avec ses conditions de restitution, distinct de l’autorisation prise sur la carte bancaire.
Pour un hôtel, cela donne quatre réflexes. Prévoyez la règle dans vos conditions de réservation et affichez-la. Documentez le dommage, avec des photos et une estimation chiffrée. Présentez la facture au client et recueillez son accord explicite sur cette transaction précise, en présence de sa carte bancaire ou via un lien de paiement. Et si le client refuse, instruisez le litige commercial avec votre assurance professionnelle.
Capturer une somme sur une carte bancaire pour un motif que le client n’a pas accepté vous expose à une contestation, avec une reprise du montant à la clé.
Arrhes, PLBS, transaction séparée : lequel pour quelle situation
| Dispositif | Ce qu’il fait | Ce qu’il couvre | Quand l’utiliser |
|---|---|---|---|
| Arrhes | Encaissent réellement une somme à la réservation | L’annulation, selon la règle des arrhes | Réservation à l’avance, séjour long, forte saisonnalité |
| PLBS | Réserve un montant dans un dossier suivi, clôturé au montant réel | Le paiement de la prestation, dans la limite du montant accepté | Séjour avec extras, montant final connu au départ |
| Transaction séparée | Encaisse un montant précis avec l’accord du client | Ce que le client accepte de payer, ponctuellement | Dépassement du montant estimé, dommage constaté et accepté |
Les arrhes relèvent d’une logique différente et complémentaire. La fiche pratique de la DGCCRF sur les droits et obligations des hôteliers, mise à jour le 22 avril 2026, rappelle qu’il est traditionnellement question d’arrhes en hôtellerie, sans pourcentage légal, avec un usage de deux à trois nuitées pour les séjours supérieurs à une semaine. Le client qui annule perd ses arrhes ; l’hôtelier qui se désiste peut être condamné à en rembourser le double.
Arrhes à la réservation, PLBS pendant le séjour, transaction séparée pour le reste. Chaque outil à sa place.
Les erreurs qui font tomber la garantie
Surestimer largement le montant
L’intention est bonne : puisque le montant final ne peut pas dépasser l’estimation, autant prévoir large. Sauf que la somme réservée réduit la capacité de paiement du client pendant tout son séjour. Un client qui se voit refuser un restaurant le soir parce que sa carte est immobilisée par une réservation trop généreuse vous en tiendra rigueur, à raison.
Une estimation sincère, augmentée des extras réellement probables dans votre établissement, tient l’équilibre. Et le montant affiché doit être celui qui est réellement réservé : le contrat impose d’informer clairement le client et de recueillir son acceptation sur le montant maximal estimé, ce qui exclut de bloquer en silence une somme supérieure à celle qui s’affiche.
Saisir un numéro de carte sans le porteur
Taper à la main le numéro de carte d’une réservation téléphonique ou d’un no-show sur un terminal de proximité n’est pas une opération de proximité. C’est un paiement à distance, qui relève d’un contrat d’acceptation distinct, avec son propre avenant PLBS.
Réalisée en dehors de ce cadre, l’opération sort de votre contrat, et la garantie de paiement avec elle. Un lien de paiement, où le client s’authentifie lui-même, remplit la même fonction sans cette zone de risque.
Conserver les numéros de carte
Noter les coordonnées de carte d’un client sur une fiche de réservation papier ou dans un champ libre du logiciel expose l’établissement. La norme PCI DSS encadre strictement la conservation de ces données.
La tokenisation des cartes existe précisément pour éviter d’avoir à les stocker : le numéro est remplacé par un jeton inexploitable en dehors de votre environnement de paiement.
Ce qu’il faut pour activer le PLBS
Le dispositif n’est pas disponible par défaut. Trois conditions se cumulent.
Votre contrat monétique doit prévoir le service, sous forme d’option ou d’avenant selon que vous encaissez en présence du client, à distance, ou les deux.
Votre terminal doit être doté de l’extension de service PLBS. Un terminal standard gère le paiement immédiat ; le parcours PLBS, avec son numéro de dossier, son ticket provisoire et sa clôture, demande l’application correspondante.
Vos conditions de vente doivent informer le client, dans les termes vus plus haut.
Un point à cadrer avec votre prestataire : les cartes internationales suivent les règles de leur propre réseau, dont les seuils de demande d’autorisation diffèrent de ceux du schéma CB. Pour une clientèle largement étrangère, cela mérite d’être vérifié à la souscription.
Gérer ses cautions et ses encaissements avec Monext
Monext, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, accompagne les établissements de l’hôtellerie et du tourisme sur l’ensemble de leurs encaissements : gestion des cautions et garanties de location avec le PLBS, lien de paiement pour un acompte, une réservation ou un complément après le départ, pourboires, et acceptation des chèques-vacances ANCV Connect.
Le tout se pilote depuis un dashboard centralisé et unique, où les dossiers ouverts, les clôtures et les encaissements du jour se lisent au même endroit. La tarification est de 0,90 % plus 0,10 € par transaction pour les cartes consommateurs européennes, jusqu’à 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec versement sur votre compte dès le lendemain et un support assuré en France six jours sur sept.
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Questions fréquentes
Le PLBS débite-t-il le client ?
Non. L’opération réserve un montant sur la capacité de paiement de la carte, sans mouvement sur le compte. Le débit intervient à la clôture du dossier, pour le montant réel de la prestation, qui peut être inférieur ou égal au montant réservé.
Combien de temps la somme reste-t-elle réservée ?
Selon la réponse ministérielle du 31 mars 2026, le montant est en principe bloqué au maximum trente jours, ce délai pouvant être inférieur selon les règles du réseau de la carte. Aucune loi ne fixe cette durée. La clôture du dossier au départ du client libère immédiatement la différence.
Peut-on utiliser le PLBS pour couvrir des dégâts dans la chambre ?
Non. Les contrats d’acceptation interdisent d’utiliser la carte bancaire pour s’octroyer une caution ou un dépôt de garantie, et le montant facturé doit correspondre aux frais estimés de la prestation. Un dommage se traite par une transaction distincte, avec l’accord du client, sur la base de vos conditions de vente.
Le PLBS remplace-t-il les arrhes ?
Non, les deux répondent à des besoins différents. Les arrhes sont encaissées à la réservation et couvrent l’annulation. Le PLBS sécurise le paiement du séjour, sans aucun débit avant la fin de la prestation.
Faut-il que le client soit présent pour clôturer le dossier ?
Non. La clôture s’effectue par le numéro de dossier, sans nouvelle présentation de la carte bancaire.
Un client m’appelle car la somme est toujours bloquée après son départ, que faire ?
Vérifiez d’abord que le dossier a bien été clôturé de votre côté. La réponse ministérielle du 31 mars 2026 indique la marche à suivre pour le client : contacter son établissement bancaire pour connaître l’état de la pré-autorisation, puis le commerçant pour demander la levée du blocage. Une clôture systématique au départ évite la quasi-totalité de ces appels.
Le PLBS est-il réservé à certaines activités ?
Oui. Le dispositif est destiné aux professionnels de la location de biens et services, et les contrats précisent qu’il ne peut servir que pour une prestation de location, à l’exclusion de toute autre prestation. La réservation d’une chambre d’hôtel figure parmi les exemples cités par le GIE Cartes Bancaires.




